Rencontre avec le professeur Jérôme Schmid

Publié le 27 octobre 2026

Entre sciences, ingénierie et imagerie médicale, le parcours du professeur Jérôme Schmid est marqué par la curiosité et les rencontres. De Rome à Hong Kong, en passant par la France, puis la Suisse, ses expériences l'ont conduit vers la recherche en imagerie médicale. Dans cette interview, il revient sur son parcours, son intérêt pour la résolution de problèmes concrets et son envie de faire dialoguer les disciplines afin de faire avancer la recherche.

Est-ce que tu pourrais te présenter pour celles et ceux qui ne te connaitraient pas encore ?

Je suis professeur au sein de la filière Technique en radiologie médicale. Né à Genève, j’ai quitté la suisse vers mes 8 ans pour Rome où j’ai pu suivre mes études dans un lycée français. Je suis ensuite revenu en France pour mes études supérieures dans une classe préparatoire parisienne puis à l’Ensimag, une grande école d’Ingénieurs en informatique et maths appliquées à Grenoble dont le concours d’entrée est très sélectif. 

J’ai toujours été passionné par les sciences et les arts, notamment le dessin. Je me suis donc orienté vers des études scientifiques, tout en conservant un lien avec l’imagerie et sa dimension visuelle.

Après l’obtention de mon Master, j’ai décroché un premier emploi à Strasbourg au sein de l’Institut de recherche contre les cancers de l’appareil digestif (IRCAD). C’est à ce moment-là que j’ai découvert l’univers de l’imagerie médicale. J’ai ensuite eu l’opportunité de partir travailler deux ans à Hong-Kong au sein d’un nouveau centre de recherche de l’hôpital Prince of Wales, centré sur l’imagerie et la robotique au service de la chirurgie mini-invasive.

A mon retour, je me suis établi en Suisse et j’ai entrepris un doctorat au sein du laboratoire MIRALab de l’Université de Genève. Je travaillais alors sur un projet européen d’utilisation de l’IRM pour étudier l’impact des mouvements sur la hanche, notamment auprès des danseuses professionnelles. 

En 2011, mon doctorat en poche, j’ai rejoint la filière TRM de la HEdS-Genève en tant que professeur. A cette époque, la Recherche était encore relativement peu développée mais il y avait une véritable volonté d’évoluer. Mon premier projet de recherche portait sur l’analyse et le traitement des images pour la chirurgie orthopédique. Aujourd’hui, mon travail porte davantage sur le développement de l’IA dans l’imagerie médicale et la santé.

Qu’est-ce qui t’a décidé à orienter ta carrière dans la recherche ?

Avant tout, mon goût pour la résolution de problèmes. C’est pour cette raison que j’ai choisi l’ingénierie. Pour être plus précis, j’aime découvrir une problématique, me documenter et ensuite réfléchir à des pistes de solution ou à la création des nouveaux outils.

Le hasard de la vie et des rencontres a également joué un rôle dans mon parcours. Mon premier emploi m’a conduit dans institut de recherche et j’ai eu la chance de rencontrer une superbe équipe qui m’a donné goût à la rigueur de la recherche scientifique.

Qu’est-ce qui te plait le plus dans la recherche ?

J’aime apporter des solutions concrètes à des problèmes réels, issus du terrain professionnel. J’ai besoin de sentir que les réponses que j’apporte à travers mes études peuvent être utiles maintenant. Je préfère un projet pouvant avoir un impact à court ou moyen terme, qu’un projet à trop long terme.

Par ailleurs, je ne suis pas directement issu du monde de la santé, donc je n’ai pas d’aprioris et cela peut parfois faciliter les échanges. J’apporte un regard scientifique externe un peu différent et cela semble fonctionner !

Quels sont tes objectifs à moyen et long terme ?

Je suis très investi dans le développement d’un véritable corps professoral au sein de la filière. Nous cherchons à encourager les plans de carrière académique, notamment les doctorats, afin de pérenniser la dynamique de recherche actuelle.

Je souhaite également développer des projets interprofessionnels avec d’autres filières HES. Nous avons par exemple monté une collaboration de recherche avec HEPIA pour des projets mêlant ingénierie et santé. De même, nous avons réuni toutes les filières de la HEdS et le centre doc au sein d’un nouveau centre de compétences centré sur l’IA en santé. J’aimerais ainsi continuer sur cette lancée et intégrer d’autres domaines.

A plus long terme, j’ai le souhait de partir à l’étranger pour un congé sabbatique. Pourquoi pas en Australie, j’y suis d’ores et déjà des thèses doctorales.

Et peut-être qu’un jour je me lancerai dans un projet personnel qui combinerait mes deux passions : l’art et la science.

Quels conseils donnerais-tu à une future chercheuse ou un futur chercheur ?

Pour moi, la rigueur et la capacité de synthèse sont deux qualités indispensables pour faire de la recherche.

Mais il faut aussi savoir faire preuve de curiosité et ne pas hésiter à sortir des sentiers battus. S’intéresser à ce qui se fait dans d’autres disciplines permet parfois de découvrir des approches auxquelles on n’aurait pas pensé et d’explorer de nouvelles possibilités.


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